Washington presse Google de se séparer de Chrome : un démantèlement du géant en vue ?

Image d'illustration. GoogleADN
Le gouvernement américain intensifie la pression sur Google en réclamant que le groupe se sépare de son navigateur Chrome, soupçonné de renforcer illégalement sa domination sur le marché de la recherche en ligne et d’entraver la concurrence.
Tl;dr
- Le procès menace Google d’un démantèlement historique.
- La justice réclame la cession de Chrome et des restrictions.
- L’activité recherche de Google fragilisée par l’IA concurrente.
Un procès au retentissement inédit pour Google
Ce vendredi 30 mai 2025, une atmosphère pesante régnait dans la salle d’audience fédérale de Washington. Les avocats de Google jouaient leur dernière carte face à une procédure qui pourrait redéfinir l’équilibre du secteur technologique mondial. Le juge Amit Mehta, déjà convaincu que le géant californien s’était rendu coupable de pratiques anticoncurrentielles sur le marché de la recherche en ligne, doit maintenant trancher sur la sanction.
Vers un démantèlement partiel ?
Au cœur du débat : les demandes fermes du ministère américain de la Justice. L’institution exige non seulement que Google se sépare purement et simplement de son navigateur Chrome, mais également qu’il soit interdit à la firme de conclure des accords d’exclusivité avec les fabricants de smartphones pour imposer son moteur comme choix par défaut. Le gouvernement va plus loin en réclamant que le groupe partage certaines données utilisées dans la génération des résultats de recherche, une requête qui inquiète jusque dans la Silicon Valley.
Du côté du mastodonte technologique, la riposte se veut mesurée : il propose d’autoriser les constructeurs à préinstaller sa boutique d’applications, Google Play, sans y adjoindre nécessairement Chrome ou le moteur maison. Un geste jugé nettement insuffisant par l’accusation.
Plaidoiries serrées et débats techniques
La matinée a été monopolisée par des échanges pointus. L’avocat principal, John Schmidtlein, a tenté d’instiller le doute : selon lui, rien ne prouve que l’absence d’accords exclusifs aurait permis aux concurrents de grappiller davantage de parts du marché. De son côté, David Dahlquist pour le gouvernement, s’est appuyé sur des éléments concrets : il rappelle que Apple, partenaire clé à qui Google verse chaque année plus de 20 milliards de dollars pour figurer par défaut sur l’iPhone, aurait maintes fois demandé plus de souplesse. La réponse aurait été ferme : « pas (d’installation par) défaut, pas de partage des revenus ».
L’enjeu stratégique derrière la bataille judiciaire
Il faut dire que ce procès intervient alors que l’activité « recherche » est déjà confrontée à une pression inédite. Des assistants dopés à l’intelligence artificielle générative, à l’image de ChatGPT ou encore Perplexity, bousculent désormais les habitudes établies et menacent directement la position dominante historique du moteur américain.
Dans les prochaines semaines, le verdict du juge Mehta pourrait rebattre profondément les cartes pour tout l’écosystème numérique mondial — et rappeler combien les équilibres sont désormais fragiles même pour les géants.
