Douze mois de hauts et de bas pour les droits de douane américains

Image d'illustration. Les taxes d importation, de douane. ADN
Les droits de douane américains ont connu une année particulièrement instable, marquée par des hausses et des baisses successives. Cette volatilité a semé l’incertitude parmi les acteurs économiques, affectant échanges commerciaux et prévisions industrielles.
Tl;dr
- Droits de douane américains invalidés puis réinstaurés par Trump.
- Accord difficile entre États-Unis et Union européenne gelé.
- Grande incertitude pour exportateurs et entreprises mondiales.
Un climat de tension renouvelé sur le commerce international
Au fil des mois, les remous liés aux droits de douane américains n’ont cessé d’alimenter la confusion. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, la scène du commerce mondial s’est transformée en un terrain miné d’incertitudes et de rebondissements, laissant nombre d’acteurs économiques désemparés. Dernier coup d’éclat : le revers infligé à Trump par la Cour suprême, suivie presque aussitôt d’une nouvelle surtaxe décidée pour une période de 150 jours.
Biden, Trump : un passage de relais sous le signe du protectionnisme
Il faut revenir à la fin 2024 pour mesurer l’ampleur du virage protectionniste. En dépit de leur rivalité politique, Joe Biden et son successeur partagent une conviction : celle d’imposer des barrières tarifaires afin de protéger l’industrie américaine. Biden avait maintenu, voire renforcé, les taxes héritées du premier mandat Trump – jusqu’à 25 % sur l’acier, 10 % sur l’aluminium selon la fondation Ifrap. La moyenne des droits de douane culminait alors à 2,4 %, touchant principalement produits chimiques, automobiles ou composants stratégiques. L’objectif affiché ? Défendre l’emploi industriel sans perturber trop fortement l’équilibre global.
L’effet Trump II : escalade et volte-face
Une fois revenu au pouvoir, Trump passe rapidement à l’offensive en invoquant l’IEEPA (International Emergency Economic Powers Act). Dès février 2025, il impose des taxes massives : jusqu’à 25 % sur les importations venues du Mexique et du Canada ; puis 10 % sur celles en provenance de Chine. Deux mois plus tard, le dispositif s’étend avec des taxes réciproques visant à « rééquilibrer » les échanges – provoquant une réaction en chaîne de tous les partenaires commerciaux majeurs.
Les négociations s’accélèrent pendant l’été : menaces successives puis discussions ardues aboutissent finalement au « Turnberry deal » avec l’Union européenne, scellé fin juillet en Écosse. Cet accord prévoit :
- Droits de douane américains relevés à un plancher de 15 % sur les biens européens principaux.
- Exemptions partielles (acier et aluminium taxés à 50 %).
- Suppression des taxes européennes contre un investissement massif aux États-Unis.
Cependant, ce compromis reste fragile.
L’instabilité règne : réactions internationales et inquiétude économique
Mais tout bascule à nouveau en février 2026 lorsque la Cour suprême restreint les pouvoirs présidentiels en matière tarifaire. Trump tente alors un tour de force en s’appuyant cette fois sur la Trade Act de 1974 : il annonce des droits généralisés de 10 % – voire potentiellement jusqu’à 15 %. Conséquence directe : l’UE gèle aussitôt son engagement dans le Turnberry deal, tandis qu’industriels comme exportateurs se retrouvent dans l’expectative.
« L’incertitude que ça suscite pour les exportateurs est considérable… On ne sait pas sur quel pied danser donc on reste immobile. » confie l’économiste Olivier Pastré. Cette volatilité risque fort d’alourdir une conjoncture internationale déjà fragilisée – et personne ne semble aujourd’hui prêt à prédire quand tombera la prochaine salve.
