D’ici 2030, 3,2 millions de plans épargne logement seront fermés

Image d'illustration. L'épargne.ADN
D’ici 2030, des millions de Français verront leur plan épargne logement clôturé automatiquement. Au total, 3,2 millions de ces contrats devraient être concernés, selon les dernières estimations, en raison de l’arrivée à échéance de nombreux PEL ouverts il y a plusieurs années.
Tl;dr
- 3,2 millions de PEL fermeront entre 2026 et 2030.
- Les PEL ouverts après mars 2011 sont limités à 15 ans.
- Clôture automatique, transformation en livret classique proposée par les banques.
Vers la fin programmée de millions de PEL
Dans le paysage bancaire français, le Plan Épargne Logement (PEL) se prépare à vivre un tournant majeur. D’ici à 2030, pas moins de 3,2 millions de PEL seront automatiquement fermés, conséquence directe d’une évolution législative entrée en vigueur il y a plus d’une décennie. Selon les derniers chiffres recueillis auprès des établissements bancaires, cette vague de clôtures impactera environ un tiers des neuf millions de plans actuellement ouverts — représentant un encours cumulé de quelque 93 milliards d’euros, sur un total national frôlant les 203 milliards.
Une durée désormais plafonnée pour les nouveaux contrats
Ce changement découle de la loi du 29 décembre 2010. Depuis le 1er mars 2011, tout nouveau PEL bénéficie d’une existence limitée à quinze ans. Autrement dit, passé ce délai — par exemple, pour un plan ouvert en mars 2011, l’échéance tombera en mars 2026 — la banque procédera automatiquement à sa clôture. Pour ceux souscrits avant cette date charnière, la situation reste inchangée : ces épargnants peuvent conserver leur produit sans contrainte de temps.
Conséquences concrètes pour les titulaires
À l’approche de l’échéance fatidique, la plupart des établissements comme le Crédit agricole ont mis en place une procédure bien rodée : leurs clients recevront une notification un ou deux mois avant la fermeture effective du plan. Cette pratique s’applique déjà régulièrement lors d’arrêts anticipés ou lorsque le plafond de versement est atteint. Après clôture, le capital est habituellement transféré vers un livret d’épargne classique, dont le taux sera alors fixé librement par la banque.
Pour ceux qui souhaitent anticiper cette transformation ou profiter des avantages restants du PEL avant son terme réglementaire, plusieurs options existent :
- Souscrire un prêt épargne logement pour financer un achat immobilier ou des travaux.
- Clôturer soi-même son plan et utiliser les fonds librement.
Certains spécialistes du secteur invitent même à reconsidérer la pertinence du PEL face aux offres concurrentes : selon le président du Cercle de l’épargne, Philippe Crevel, « les titulaires de vieux PEL devraient se tourner vers l’assurance vie », soulignant ainsi l’intérêt croissant pour des placements plus souples et potentiellement mieux rémunérés.
Un produit d’épargne bientôt relégué ?
En rappelant que le PEL, avec ses taux fixés lors de l’ouverture et son plafond élevé (jusqu’à 61.200 euros), a longtemps séduit les Français pour préparer leurs projets immobiliers, force est de constater que son attractivité pourrait pâtir des restrictions récentes. Comparé au Livret A ou au LDDS, dont les plafonds restent nettement inférieurs, il conserve toutefois certains atouts historiques… Mais pour combien de temps ?
