La France et TotalEnergies convoitent les ressources stratégiques du Groenland

Image d'illustration. Fonte glace groenlandADN
La France, par le biais du groupe TotalEnergies, manifeste un intérêt croissant pour les ressources en minerais stratégiques du Groenland. Cette région arctique recèle des gisements essentiels à la transition énergétique et suscite l’attention des grandes puissances industrielles.
Tl;dr
- Visite officielle française axée sur les ressources minières au Groenland.
- Renforcement de la coopération économique et ouverture d’un consulat à Nuuk.
- Tensions géopolitiques face aux ambitions américaines sur le territoire.
Le Groenland, nouvel enjeu stratégique pour la France
La venue imminente du ministre français du Commerce extérieur, Nicolas Forissier, au Groenland s’inscrit dans un contexte international tendu. Ces derniers mois, les ambitions affichées par l’ex-président américain Donald Trump autour d’une potentielle annexion du territoire danois ont ravivé l’intérêt des grandes puissances pour cette région arctique aux ressources convoitées. À cela s’ajoute une actualité brûlante : selon plusieurs médias, les discussions entre les autorités locales et les États-Unis se poursuivent en vue de l’implantation de nouvelles bases militaires, sans qu’aucun accord formel n’ait encore été annoncé.
Un déplacement sous le signe de la transition énergétique
Lundi prochain, Nicolas Forissier débarquera à Nuuk accompagné d’une délégation regroupant entreprises privées et organismes publics. Parmi eux, on retrouvera notamment SAFT, filiale de TotalEnergies, ou encore Eutelsat, récemment sélectionné par l’opérateur national groenlandais Tusass pour étoffer son réseau satellitaire. Les agences publiques Business France, en charge de soutenir l’export des entreprises tricolores, et Atout France, spécialisée dans la promotion touristique, seront également du voyage.
Mieux cartographier un potentiel minier convoité
Mais c’est surtout la question des métaux et minerais critiques, indispensables à la transition énergétique, qui occupera le devant de la scène. Le cabinet du ministre insiste : « le potentiel minier du Groenland doit être mieux appréhendé ». Ainsi, le déplacement sera marqué par la signature d’une déclaration d’intention franco-groenlandaise visant à muscler la coopération économique entre les deux partenaires. Cette feuille de route comprend :
- Lancement d’une cartographie géosatellitaire complète du sous-sol groenlandais, pilotée par le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) ;
- Soutien à des projets miniers durables conjoints ;
- Dynamisation des collaborations en matière de recherche scientifique.
Fait notable : l’intégralité du financement nécessaire sera assurée par la France. Néanmoins, le montant précis reste confidentiel à ce stade.
Nouveau consulat et message politique fort à Nuuk
Dans ce contexte où les équilibres régionaux sont fragilisés par les rivalités internationales, Paris accélère sa présence diplomatique. Le 15 juin 2025, lors d’un déplacement remarqué du président de la République française Emmanuel Macron, l’annonce était tombée : un nouveau consulat ouvrira bientôt ses portes à Nuuk, symbolisant la volonté française d’affirmer sa solidarité européenne face aux appétits américains. Un geste qui vient consolider une politique étrangère attentive aux enjeux arctiques – entre coopération économique renforcée et affirmation politique mesurée.
