En avril, la confiance des foyers français a subi une nette chute

Image d'illustration. Des candidats attendent de passer un entretien d'embaucheADN
En avril, l’indicateur de confiance des ménages en France a enregistré une nette baisse. Les inquiétudes concernant la situation économique et l’avenir financier semblent s’intensifier, traduisant un climat d’incertitude au sein des foyers français.
Tl;dr
- Confiance des ménages au plus bas depuis mai 2023.
- Crainte accrue de hausse des prix et du chômage.
- Climat des affaires également en forte dégradation.
Un climat économique sous tension
Les derniers chiffres publiés par l’Institut national de la statistique révèlent une dégradation marquée de la confiance des ménages français. En avril, cet indicateur a chuté à 84, soit cinq points de moins qu’en mars, s’éloignant davantage de sa moyenne historique de 100 calculée entre janvier 1987 et décembre 2025. Il s’agit là du niveau le plus faible enregistré depuis mai 2023, dans un contexte déjà lourd d’incertitudes économiques.
Des inquiétudes qui s’amplifient face aux conflits mondiaux
Cette détérioration intervient alors que les tensions géopolitiques, notamment la guerre au Moyen-Orient, semblent peser fortement sur le moral des ménages. Selon Pauline Meinzel, cheffe de division à l’Insee, « ces résultats sont très probablement liés à la situation actuelle au Moyen-Orient ». Plus frappant encore, la réaction des Français apparaît aujourd’hui « presque plus forte qu’au moment du début de la guerre en Ukraine », analyse-t-elle. Les anticipations concernant « l’évolution future des prix, la situation financière future » se sont significativement assombries. Le solde d’opinion relatif à la situation financière future a ainsi perdu sept points ce mois-ci.
L’inflation et le chômage en ligne de mire
Le ressenti inflationniste reste vif. La proportion de ménages qui pensent que les prix vont accélérer au cours des douze prochains mois augmente encore, propulsant le solde d’opinion associé à son sommet depuis avril 2022. Parallèlement, le sentiment d’opportunité pour réaliser de gros achats diminue, tout comme l’appréciation sur la capacité à épargner – même si ce dernier indicateur demeure supérieur à sa moyenne de long terme (39 contre 19).
Voici ce que révèle l’enquête de l’Insee, menée chaque mois auprès d’un panel d’environ 2 000 foyers :
- Baisse notable du moral concernant le niveau de vie futur.
- Poussée des craintes liées à l’évolution du chômage.
- Diminution nette des opinions favorables dans presque tous les secteurs.
Pessimisme partagé par les entreprises françaises
Au lendemain de ces chiffres moroses pour les ménages, l’indicateur du climat des affaires, suivi lui aussi par l’Insee, recule également en avril : moins trois points par rapport à mars. Le commerce de détail, les services et la réparation automobile affichent une détérioration sensible, tandis que seul le bâtiment reste stable et que l’industrie connaît un léger rebond. Si cette tendance venait à se poursuivre, elle risquerait fort d’ancrer durablement ce climat d’incertitude auprès des principaux acteurs économiques français.
