Gifi envisage la cession d’une trentaine de ses magasins au groupe Grand Frais

Image d'illustration. Magasin varié. ADN
Le groupe Gifi envisage de céder environ trente de ses magasins à l’enseigne Grand Frais, dans le cadre d’une réflexion sur l’optimisation de son réseau. Cette opération pourrait modifier la répartition géographique et stratégique des deux marques.
Tl;dr
- Grand Frais veut racheter 25 à 30 magasins Gifi.
- Objectif : renforcer le réseau et préserver l’emploi.
- Gifi cherche des liquidités pour survivre face à la crise.
Un rapprochement stratégique entre Grand Frais et Gifi
Le paysage de la grande distribution française est en pleine mutation. Mercredi, les enseignes Grand Frais et Gifi ont annoncé être entrées en négociations pour une cession d’environ 25 à 30 magasins. Si aucun montant n’a filtré, ce projet marque un tournant : pour le spécialiste des produits frais, il s’agirait d’une « première opération de croissance externe », selon le président de Grand Frais gestion, Jean-Paul Mochet. L’ambition ? Renforcer un maillage territorial déjà dense tout en misant sur des emplacements attractifs, généralement situés en périphérie dans des « zones commerciales denses ».
L’expansion continue de Grand Frais
Depuis sa création en 1997, Grand Frais multiplie les ouvertures : environ vingt nouveaux points de vente chaque année, pour atteindre aujourd’hui près de 335 magasins, essentiellement sur le territoire national. Le chiffre d’affaires du groupe reste confidentiel mais il se situerait entre 4,5 et 5 milliards d’euros, selon Kantar. Cette dynamique expansionniste se double désormais d’une volonté d’acquisition, avec l’assurance que la transition sera « la plus douce possible » pour les salariés concernés.
Une attention particulière est ainsi portée à l’aspect social : la direction affirme vouloir proposer un emploi à chaque salarié touché par ce rachat, avec reprise de leur ancienneté. Toutefois, la finalisation du projet ne devrait intervenir qu’en 2026, après obtention des autorisations réglementaires.
Gifi sous pression financière
L’autre acteur majeur de cette transaction vit une période nettement plus délicate. Confrontée à une concurrence féroce – celle d’enseignes comme Action, ou encore des plateformes comme Temu –, Gifi connaît des difficultés croissantes. Endettée et fragilisée, l’entreprise a récemment obtenu un plan de soutien financier auprès des banques et remanié sa gouvernance, actant la mise en retrait de son fondateur Philippe Ginestet.
Selon une source proche du dossier, le groupe perdrait actuellement près d’un million d’euros chaque jour ; la cession partielle de magasins vise donc à générer rapidement des liquidités. Mais certains observateurs demeurent inquiets : « Quand on commence à vendre les bijoux de famille, c’est que ça ne va pas », glisse Laurent Mardaga, délégué CFDT au siège social.
L’avenir incertain pour les salariés et Gifi
Le climat social reste tendu du côté de Gifi. Un plan de sauvegarde prévoyant la suppression de 166 postes sur les 730 du siège a été suspendu durant l’été ; cependant, selon les syndicats, les départs volontaires se multiplient sans remplacement. À l’heure où Christophe Mistou – ancien dirigeant de Mr. Bricolage – prend les commandes du directoire, un comité social doit justement statuer sur la nouvelle organisation du groupe.
Pour mémoire :
- Gifi, ce sont encore plus de 6 800 collaborateurs et quelque 620 magasins,
- Chiffre d’affaires estimé en 2024 : 1,2 milliard d’euros.
Si cette restructuration peut offrir une bouffée d’oxygène au distributeur non-alimentaire, beaucoup restent prudents quant aux perspectives à moyen terme.
