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La nouvelle taxe de 2 euros par colis risque-t-elle vraiment d’impacter principalement les ménages modestes ?

Actualité > France > Impôts et taxes > Budget
Par Morgan publié le 16 juin 2025 à 19h00.
Image d'illustration. Vêtements, armoire, dressing

Image d'illustration. Vêtements, armoire, dressingADN

Le gouvernement envisage d’instaurer une taxe de 2 euros sur chaque colis importé, une décision critiquée par le géant du e-commerce Shein, qui estime qu’elle toucherait en priorité les consommateurs les plus modestes adeptes d’achats à bas prix.

Tl;dr

  • Taxe sur la fast-fashion vise Shein et Temu.
  • Clients Shein surtout classes moyennes, pas précaires.
  • Enjeux : pollution, achats compulsifs, responsabilité des marques.

Des profils d’acheteurs bien éloignés des discours de Shein

La polémique enfle autour de la proposition de loi visant à réduire l’impact environnemental de la fast-fashion, et tout particulièrement des géants asiatiques tels que Shein. Alors que le Parlement s’est prononcé pour une taxe de quelques euros sur les « petits colis » importés hors Union européenne – moins de 150 euros –, le débat s’est rapidement déplacé sur le terrain social. La marque chinoise, qui revendique pas moins de 23 millions de clients en France, n’a pas tardé à dénoncer une mesure « injuste », accusant les autorités de pratiquer une forme d’« écologie punitive ».

Pourtant, les arguments mis en avant par Shein peinent à convaincre les observateurs du secteur. La société affirme défendre le pouvoir d’achat des plus fragiles et leur accès à une mode abordable. Mais plusieurs études récentes dressent un portrait nettement différent des acheteurs : selon Pauline Debrabandere, responsable plaidoyer chez Zero Waste France, « D’après les études, au contraire de ce qu’on pense, le public majoritaire de Shein (et Temu), ce sont des personnes de classes moyennes plutôt aisées… ». Un constat partagé par Mathilde Pousséo du collectif Éthique sur l’étiquette, qui souligne la volatilité et l’isolement d’une clientèle désormais plus âgée et masculine qu’à ses débuts.

L’argumentaire de la marque : entre communication agressive et automatisée

Face à cette proposition législative, la riposte médiatique s’est accélérée. Sur les réseaux sociaux, slogans percutants et messages martelés inondent les fils d’actualité. Sauf que certains commentaires – censés émaner de consommateurs soucieux de leur budget – seraient générés par des robots payés par la marque elle-même, révèle une enquête menée par France Télévisions. Une stratégie qui interroge sur la sincérité du discours publicitaire vantant un accès équitable à la mode.

Du côté des spécialistes comme Victoire Satto (The Good Goods), le message est sans détour : « S’ils s’intéressaient vraiment à la précarité, ils auraient en tête que les premières personnes touchées par le réchauffement climatique… sont justement celles issues des milieux modestes. » La critique va plus loin encore, évoquant le recours présumé au travail forcé ou aux conditions indignes tout au long de la chaîne de production.

Surproduction textile et incitation à l’achat compulsif

La question centrale demeure celle du modèle économique porté par l’ultra-fast-fashion. En multipliant promotions constantes, jeux incitatifs (« gamification ») ou frais de port gratuits, ces plateformes créent selon plusieurs ONG un climat propice à l’achat impulsif. Les mécanismes utilisés rappellent presque ceux du jeu d’argent : peur de rater une offre (« FOMO »), accumulation d’achats peu réfléchis… Pour Mathilde Pousséo :

  • Acheteurs sollicités sans cesse.
  • Difficulté à résister aux tentations promotionnelles.
  • Mauvaises habitudes renforcées par ces techniques marketing agressives.

L’urgence écologique et la responsabilité des entreprises

Rappelons-le : l’industrie textile génère près de 4 milliards d’équivalents CO₂ annuellement selon l’ADEME ; elle représente environ 10 % des émissions carbone mondiales. Or, loin d’incarner un progrès social ou écologique, l’expansion rapide d’acteurs comme Shein aggrave la situation. Les associations appellent donc à encadrer cette course effrénée via une législation ciblée : pénalités pour la surproduction importée mais aussi primes pour les marques engagées dans une fabrication durable.

Si le débat cristallise autour du pouvoir d’achat et du droit à une mode accessible, il révèle surtout l’urgence d’exiger davantage de responsabilité sociale et environnementale auprès des industriels – sans faire peser toute la charge sur les seuls consommateurs.

Le Récap
  • Tl;dr
  • Des profils d’acheteurs bien éloignés des discours de Shein
  • L’argumentaire de la marque : entre communication agressive et automatisée
  • Surproduction textile et incitation à l’achat compulsif
  • L’urgence écologique et la responsabilité des entreprises
En savoir plus
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