La RATP renoue avec les profits, bien que la fréquentation reste sous le niveau de 2019

Image d'illustration. Metro paris ratpADN
Après plusieurs années marquées par la crise sanitaire, la RATP affiche à nouveau des résultats financiers positifs. Pourtant, l’entreprise n’a pas retrouvé le niveau de fréquentation enregistré avant 2019 sur son réseau de transports.
Tl;dr
- Bénéfice net retrouvé pour la RATP en 2025.
- Trafic voyageurs encore inférieur à l’avant-Covid.
- Réduction rapide des émissions de CO2 atteinte.
Une embellie financière malgré un trafic encore fragile
Après des années marquées par la crise sanitaire et ses séquelles, le groupe RATP est enfin parvenu à renouer avec les bénéfices en 2025. Son résultat net s’est hissé à 217 millions d’euros, effaçant les pertes enregistrées les deux années précédentes. Cette performance a été rendue possible par un double levier : une hausse des rémunérations versées par la région Ile-de-France et des gains notables en matière de productivité. En parallèle, le chiffre d’affaires a progressé de 11 %, pour atteindre 7,93 milliards d’euros.
Habitudes de mobilité bousculées et impact du télétravail
Cependant, derrière ce retour dans le vert, se cache une réalité plus nuancée : le trafic voyageurs, bien qu’en progression de 1,7 % sur l’année – porté notamment par les extensions de deux lignes de métro et une réforme tarifaire favorable aux trajets longue distance – demeure inférieur de 9 % au niveau observé avant la pandémie. Pour Jean-Yves Leclercq, directeur financier du groupe, cette situation traduit un bouleversement durable des comportements. L’essor du télétravail, particulièrement en région parisienne, continue de freiner la reprise complète du trafic. À cela s’ajoute l’attrait croissant pour les mobilités douces telles que la marche ou le vélo.
L’investissement reste soutenu, priorité à la transition écologique
Bien que les investissements aient reculé de 24 % après l’effort exceptionnel consenti durant l’année olympique – notamment avec l’achèvement des grands chantiers sur les lignes 11 et 14 –, ils demeurent jugés « massifs » par la direction. Cette dynamique soutient aussi la transformation écologique du réseau. En fin d’année dernière, le parc autobus exploité par la RATP comptait déjà :
- 1 300 bus au bioGNV
- 1 100 véhicules électriques
- 1 100 hybrides
- 1 100 bus diesel fossile
L’entreprise a également publié son tout premier rapport durabilité : ses émissions de CO2 affichent une baisse remarquable de 40 % depuis 2019, un rythme supérieur aux prévisions initiales.
Signe encourageant pour l’avenir
Dans ce contexte en mutation, le nouveau PDG Xavier Piechaczyk, successeur de Jean Castex, affirme avec prudence que ces résultats illustrent la robustesse retrouvée du groupe ainsi qu’une amélioration tangible de la qualité de service, récompensée par des bonus accordés par l’autorité organisatrice IDFM. S’il subsiste encore une marge pour retrouver pleinement le niveau d’avant-crise, l’engagement environnemental et l’adaptation progressive du modèle économique semblent placer la RATP sur une trajectoire résolument positive.
