Découvrez pourquoi le prêt in fine, présenté comme la solution miracle en matière de crédit immobilier par le gouvernement, pourrait en réalité se révéler être une fausse bonne idée.
Tl;dr
- Christophe Béchu veut provoquer un choc d’offre immobilier.
- Propose de discuter du prêt in fine avec les banques.
- Le crédit in fine engendre plus d’intérêts qu’un prêt classique.
- La Fédération bancaire française reste sceptique.
Une proposition qui fait débat
Le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a mis en avant un plan destiné à stimuler l’offre immobilière. Sa proposition s’articule autour des prêts « in fine », un sujet qu’il compte aborder lors de discussions avec les banques.
Le prêt « in fine » expliqué
Dans un prêt immobilier classique, chaque mensualité permet de rembourser une part du capital emprunté. En revanche, le crédit « in fine » n’inclut que les intérêts et les éventuelles cotisations d’assurance dans les échéances. Le capital emprunté reste le même tout au long de la durée du prêt et n’est intégralement remboursé qu’à la dernière mensualité.
Un système mixte proposé par Christophe Béchu
Christophe Béchu envisage un système où l’emprunteur rembourserait 80% du prix de l’immobilier sur 20 ou 25 ans, et les 20% restants seraient sous forme d’hypothèque, où seuls les intérêts seraient remboursés. Le capital de cette portion ne serait remboursé qu’à la revente. Cela serait un système hybride entre le prêt immobilier classique et le prêt « in fine » ou hypothécaire.
Un coût total plus élevé
Il est important de noter qu’un crédit « in fine » génère un montant total d’intérêts débiteurs plus important qu’un prêt classique. Pour un emprunt de 300 000 euros à un taux de 4% sur 20 ans, un crédit « in fine » engendrerait 240 000 euros d’intérêts en plus du capital. En revanche, les intérêts d’un prêt classique seraient « seulement » de 136 305,88 euros. La Fédération bancaire française rappelle que les prêts « in fine » sont rarement opportun pour l’accession à la propriété, mais peuvent l’être pour des opérations patrimoniales ou d’investissement locatif.
L’avis de la rédaction
L’idée de Christophe Béchu, bien qu’innovante, soulève des questions quant à sa pertinence. Les prêts « in fine » engendrent plus d’intérêts et peuvent donc s’avérer plus coûteux pour l’emprunteur. De plus, la Fédération bancaire française exprime des réserves sur l’applicabilité de ce système pour l’achat d’une résidence principale. Il est crucial d’explorer d’autres alternatives pour stimuler l’offre immobilière tout en protégeant les intérêts des emprunteurs.
