Une taxe carbone envisagée pour les lave-linge et réfrigérateurs venus de l’étranger

Image d'illustration. Gros plan réfrigérateur moderne acier inoxydable cuisine lumineuseADN
Le gouvernement envisage d’instaurer une taxe carbone ciblant spécifiquement les machines à laver et réfrigérateurs importés, dans le but de réduire l’empreinte écologique de ces appareils ménagers venus de l’étranger et encourager des pratiques plus durables.
Tl;dr
- Bruxelles veut élargir la taxe carbone aux biens industriels.
- L’objectif : protéger l’industrie européenne et le climat.
- 180 nouveaux produits importés pourraient être concernés.
Vers une extension majeure de la taxe carbone européenne
Tandis que l’Union européenne multiplie les initiatives pour renforcer sa politique climatique, la taxe carbone aux frontières, ou Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), s’apprête à franchir un nouveau cap. Mercredi, la Commission européenne a dévoilé une proposition visant à inclure dans son dispositif près de 180 nouveaux produits importés, notamment des machines industrielles et des biens de consommation courants comme les lave-linge. Un signal fort envoyé à l’ensemble du secteur industriel, dans un contexte de pressions internationales et de concurrence accrue.
Un mécanisme déjà en action, mais encore limité
Le MACF s’applique actuellement à certains secteurs parmi les plus polluants : l’acier, l’aluminium, le ciment, les engrais, l’électricité et l’hydrogène. Depuis 2023, il est testé avant une mise en œuvre complète prévue pour 2026. L’enjeu ? Imposer aux importations un coût du carbone équivalent à celui supporté par les producteurs européens – qui paient déjà pour leurs émissions. Si cette extension voyait le jour, elle concernerait majoritairement des équipements industriels lourds (radiateurs, machines spécialisées), mais aussi plusieurs produits domestiques comme les réfrigérateurs-congélateurs.
Soutenir l’industrie européenne : un impératif politique et économique
Derrière cette évolution se cache une réponse directe aux demandes persistantes des industriels européens. Comme le souligne le commissaire européen à la stratégie industrielle, Stéphane Séjourné, « Cette réforme, c’est d’abord une demande forte de nos industriels… réclamant depuis longtemps un traitement égal et juste vis-à-vis de nos concurrents étrangers… ceux qui ont peu ou pas de règles climatiques ». Concrètement, Bruxelles cherche à éviter que des activités industrielles stratégiques ne soient délocalisées vers des pays aux normes environnementales plus laxistes.
Les futures recettes générées par cette taxe sont également au cœur des préoccupations. Dès 2026-2027, un quart d’entre elles devrait alimenter un Fonds temporaire pour la décarbonation, destiné à épauler directement les producteurs européens dans leur transition écologique.
Une réforme encore soumise au débat européen
Il convient toutefois de rappeler que ces propositions devront passer par le filtre du Parlement européen et des États membres avant toute application. Reste à savoir si ce projet trouvera le consensus nécessaire face aux divergences nationales parfois prononcées sur ces sujets sensibles.
Pour mémoire, le fonctionnement du MACF impose déjà aux importateurs de déclarer précisément les émissions liées à la production étrangère. Si celles-ci excèdent les standards européens, ils se voient contraints d’acheter des « certificats d’émission » au prix du CO₂ pratiqué dans l’UE. À terme, on estime que ce dispositif pourrait rapporter près de 1,4 milliard d’euros par an dès 2028, tout en incitant l’industrie mondiale à intégrer davantage la contrainte climatique dans ses pratiques.
