Vers une hausse du prix du poisson sous l’effet du conflit en Iran ?

Image d'illustration. Filets de poisson.ADN
La situation de tension en Iran suscite des inquiétudes concernant l’évolution des prix du poisson. Les consommateurs et les professionnels du secteur redoutent une hausse des tarifs, alors que le contexte international pourrait perturber l’approvisionnement mondial.
Tl;dr
- Prix des carburants et du poisson en forte hausse.
- Pêche française menacée, importations aussi touchées.
- Mesures d’urgence discutées par le gouvernement.
Une crise géopolitique qui frappe jusqu’à la pêche française
Le conflit déclenché le 28 février dernier au Moyen-Orient par les États-Unis et Israël, suivi du blocage stratégique du détroit d’Ormuz par l’Iran, ne se limite pas à bouleverser l’équilibre régional : il influe déjà sur le quotidien des Français. Avec la flambée soudaine des prix du pétrole et du gaz, la hausse des coûts ne tarde pas à se répercuter, non seulement à la pompe, mais aussi dans les rayons alimentaires.
Pêcheurs en difficulté face à la flambée des carburants
En première ligne, les professionnels de la pêche alertent sur une situation qui devient critique. Le prix du gazole marin avoisine désormais un euro le litre — un seuil qui compromet sérieusement la rentabilité de nombreuses entreprises françaises. Comme le résume Jérôme Jourdain, secrétaire général adjoint de l’Union des armateurs à la pêche de France (UAPF), « Quand les coûts du carburant commencent à dépasser les revenus que les pêcheurs peuvent tirer de la vente des produits de leur pêche, alors on arrive à des situations d’étranglement ». Résultat : certains n’hésitent plus à laisser leurs bateaux au port afin de limiter les pertes, ce qui menace tout un écosystème, du port jusqu’au consommateur final.
Les conséquences immédiates sont claires :
- Pénurie potentielle sur les étals français, alimentée par une baisse des débarquements locaux.
- Augmentation mécanique des prix du poisson face à une offre réduite.
L’effet domino sur les importations et la filière mondiale
Ce phénomène n’est pas cantonné à l’Hexagone. Si environ 70 % des produits de la mer consommés en France sont importés — principalement d’autres pays européens ou extracommunautaires — ces flux subissent également les contrecoups de la crise. En effet, partout dans le monde, des professionnels sont frappés par le coût exorbitant du carburant ou paralysés par l’insécurité régionale : des pêcheurs thaïlandais restent au port pour limiter leurs pertes tandis que d’autres sont immobilisés dans des ports clés comme ceux des Émirats arabes unis ou de Dubaï.
Sous pression, la filière réclame un soutien rapide
Pour tenter d’amortir le choc, une réunion gouvernementale s’est tenue récemment sous l’égide de la ministre de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud. Parmi les solutions évoquées : plafonner la hausse des prix à la pompe pour davantage de visibilité, permettre aux marins de reporter leurs prêts bancaires ou encore créer un système assurantiel compensant les variations extrêmes du carburant. Pour Jérôme Jourdain, il y a urgence : « On a peu de possibilités d’attendre ». Après le Brexit puis le Covid-19, c’est tout un secteur déjà fragilisé qui redoute désormais une nouvelle vague déstabilisatrice.
