Donald Trump remet en marche l’instauration de nouveaux tarifs douaniers

Image d'illustration. Trump MediaReuters / PR-ADN
Donald Trump a récemment pris l’initiative de réactiver le processus visant à instaurer de nouveaux droits de douane. Cette démarche marque une nouvelle étape dans sa stratégie commerciale et pourrait impacter les relations économiques internationales.
Tl;dr
- Trump relance les droits de douane malgré la Cour suprême.
- Des enquêtes visent surcapacité et travail forcé dans 60 pays.
- La Maison-Blanche veut agir vite sur les mesures tarifaires.
Une offensive commerciale relancée malgré un revers judiciaire
Alors que la Cour suprême venait tout juste d’annuler, le 20 février dernier, une large partie des droits de douane initiés sous la présidence de Donald Trump, l’exécutif américain refuse d’abdiquer sur le front du commerce international. La bataille juridique portait sur l’utilisation de la loi de 1977 (l’IEEPA) pour imposer des surtaxes, compétence qui revient en théorie au Congrès. Ce revers judiciaire a laissé en suspens quelque 166 milliards de dollars collectés grâce à ces mesures, lesquels pourraient désormais faire l’objet de remboursements.
Enquêtes tous azimuts : économie mondiale dans le viseur
Plutôt que de reculer, l’administration présidentielle américaine a choisi d’accélérer la cadence. Mercredi, la Maison-Blanche a dévoilé une série d’enquêtes économiques destinées à documenter les préjudices subis par les États-Unis. Selon le représentant du Commerce américain (USTR) Jamieson Greer, celles-ci cibleront en priorité les économies soupçonnées de « surcapacité structurelle », avec, dans le collimateur : la Chine, l’Union européenne, le Japon, l’Inde ou encore le Mexique. Ce sont ainsi près d’une quinzaine de pays – ou blocs – qui pourraient être concernés.
Lutte contre le travail forcé : une dimension élargie et inédite
L’autre pan majeur concerne des investigations sur le recours au travail forcé. Dès ce jeudi, ces démarches devraient démarrer et pourraient, une fois abouties, déboucher sur des interdictions pures et simples à l’importation. Certes, sous la présidence de Joe Biden, plusieurs produits issus notamment du travail des Ouïghours avaient déjà été ciblés. Toutefois, cette fois, il ne s’agirait plus seulement de viser un pays en particulier. Pour reprendre les mots de Jamieson Greer : « nous pensons que l’enquête va concerner une soixantaine de pays ».
Mise en perspective : entre accords commerciaux et tensions croissantes
Fait notable, nombre des États concernés ont déjà signé des accords commerciaux avec Washington, limitant pourtant – théoriquement – le niveau maximal des droits de douane applicables à leurs produits. Cependant, l’offensive américaine se fera indépendamment de ces dispositifs. Selon nos informations, l’administration souhaite conclure ces enquêtes rapidement pour pouvoir adopter sans délai les futures mesures tarifaires qui prendraient alors la suite des droits provisoires réinstaurés mi-février.
Malgré un contexte légal délicat et une contestation croissante auprès des partenaires internationaux, la Maison-Blanche persiste à muscler sa politique commerciale. Une détermination qui pourrait raviver d’anciennes tensions et redessiner durablement les équilibres mondiaux.
