Hema accepte désormais les tickets resto : la grogne monte chez les restaurateurs

Image d'illustration. Un adolescent paye par carte bancaire dans un magasin de proximité ADN
L’enseigne Hema accepte désormais les tickets restaurant comme moyen de paiement, une décision qui suscite la colère des restaurateurs. Ceux-ci dénoncent une concurrence déloyale et s’inquiètent des conséquences pour leur activité face à ce nouvel usage.
Tl;dr
- L’enseigne Hema accepte les titres-restaurant pour ses confiseries.
- Umih dénonce un risque de dérive généralisée.
- Le gouvernement prépare une réforme des titres-restaurant.
Les titres-restaurant élargissent leur usage, la restauration s’inquiète
Dans les rayons de Hema, il est désormais possible de régler un simple paquet de confiseries grâce à son titre-restaurant. Ce geste banal pourrait bien bouleverser un équilibre fragile : jusqu’ici, ce moyen de paiement, utilisé chaque jour par plus de cinq millions de salariés en France, restait principalement cantonné aux repas et courses alimentaires dans près de 244 000 commerces agréés.
L’Umih tire la sonnette d’alarme
Pour la principale organisation patronale du secteur, Umih, cette évolution inquiète profondément. Dans une lettre adressée au ministre du Commerce, Serge Papin, l’organisation dit vouloir « alerter » sur l’agrément accordé à l’enseigne de décoration. Selon elle, « cette décision nous apparaît emblématique des dérives permises par la prolongation de l’extension des titres-restaurant à l’ensemble des produits alimentaires, extension dont les effets sont aujourd’hui particulièrement préjudiciables au secteur de la restauration ». Le syndicat craint que le dispositif ne se généralise à toutes sortes de commerces vendant quelques snacks ou sucreries – ouvrant ainsi, selon ses mots, « une boîte de Pandore ».
Vers une banalisation du dispositif ?
L’argument avancé par Umih se résume en une crainte : demain, rien n’empêchera une chaîne de magasins de sport ou de prêt-à-porter d’accepter les titres-restaurant en vendant simplement barres énergétiques ou friandises. Ce glissement progressif interroge sur le rôle originel du titre-restaurant, censé encourager la consommation dans les restaurants ou au moins favoriser une alimentation équilibrée.
Voici ce que propose le syndicat pour éviter ces dérives :
- Mise en place d’un double plafond : montant plus élevé pour la restauration que pour la distribution classique.
Pérennisation et réforme attendue
Le gouvernement n’est pas resté sourd aux débats. Il envisage en effet d’inscrire dans la durée la possibilité d’utiliser les titres-restaurant pour les courses alimentaires en supermarché – mesure qui court actuellement jusqu’à fin 2026. Une réforme du secteur devrait être examinée au Parlement cette année. Reste à voir si l’équilibre sera trouvé entre souplesse d’usage et soutien au secteur traditionnel de la restauration, sous l’œil attentif des professionnels inquiets.
