Pékin met sous pression la relance industrielle européenne axée sur le « made in UE »

Image d'illustration. ChineADN
Face à l’ambition européenne de relancer sa production industrielle sous le label « made in UE », la Chine multiplie les avertissements et met en garde contre d’éventuelles conséquences, soulignant ainsi les tensions commerciales croissantes entre Bruxelles et Pékin.
Tl;dr
- La Chine menace de riposter à la loi européenne.
- Le texte cible des secteurs industriels stratégiques.
- Pékin juge la mesure discriminatoire pour ses entreprises.
Un projet européen qui inquiète Pékin
Alors que le débat s’intensifie autour de la future loi d’« accélération industrielle » portée par la Commission européenne, les réactions ne se font pas attendre du côté chinois. Dès ce lundi, le ministère du Commerce de la Chine a manifesté, non sans fermeté, ses « graves préoccupations » concernant ce texte jugé particulièrement restrictif pour ses entreprises.
Tensions sur les intérêts industriels
Les autorités chinoises redoutent que cette nouvelle réglementation, dont l’examen a démarré le 4 mars à Bruxelles, ne devienne un véritable obstacle pour les investisseurs étrangers. Selon Pékin, elle imposerait en effet « de nombreuses restrictions aux investissements étrangers dans quatre secteurs stratégiques émergents : les batteries, les véhicules électriques, le photovoltaïque et les matières premières cruciales ». Plus encore, l’instauration de clauses exclusives d’origine UE, notamment dans les marchés publics et soutiens publics européens, laisserait peu de place aux acteurs non européens.
Un porte-parole du ministère chinois l’a martelé : « Les investisseurs chinois seront en butte à la discrimination ». Ce durcissement inquiète particulièrement, car il vise des domaines où la présence chinoise est déjà forte et parfois controversée.
L’Europe face au défi de la concurrence internationale
Au cœur du dispositif imaginé par la Commission figure une exigence claire : toute entreprise bénéficiant d’aides publiques devra garantir un certain « nombre ou pourcentage de composants critiques originaires d’Europe ». Cette règle touche principalement l’industrie automobile, mais aussi des secteurs-clés comme les technologies décarbonées — panneaux solaires, batteries, pompes à chaleur — ou encore certaines industries lourdes.
De leur côté, les Européens dénoncent régulièrement une concurrence jugée déloyale de la part des firmes chinoises, largement subventionnées selon eux. Les discussions au sein du Parlement européen et entre États membres risquent donc de s’avérer houleuses avant toute adoption définitive.
Pékin brandit la menace de mesures de rétorsion
Face à ces évolutions législatives imminentes en Europe, Pékin tente néanmoins d’adopter une posture ouverte au dialogue. Le ministère du Commerce a rappelé avoir adressé ses commentaires détaillés fin avril à la Commission. Toutefois, prévient-il : si Bruxelles persiste sans tenir compte des positions chinoises et que les intérêts économiques du pays sont affectés, alors « la Chine n’aura d’autre choix que de prendre des contre-mesures ». Une mise en garde qui laisse planer une incertitude supplémentaire sur l’avenir des échanges industriels entre ces deux puissances économiques.
